Chauffage au bois, une pollution ignorée

Demandez une énergie propre et c'est un chauffage au bois que, généralement, on vous proposera. Une énergie considérée comme propre pour l’environnement, car la quantité de CO2 produite par la combustion du bois est équivalente à celle produite lors de sa décomposition. Cette quantité de CO2 correspond à celle qui a été extraite de l’air pour la photosynthèse au cours de la croissance de l’arbre et un équilibre est de la sorte obtenu. Le bilan théorique sur le CO2 produit est donc neutre. Les pouvoirs publics, constatant cette neutralité du bois à l'égard du réchauffement de la planète, ont opté pour une politique d'incitation intégrant campagne de communication et mesures d'allègement fiscal. Choix judicieux ?

 

 


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Pollution de l'air

L'image soignée d'une énergie propre vient d'être sérieusement écornée par de récentes études qui démontrent qu'il existe d’importants problèmes de pollution avec le chauffage au bois. À partir de recherches menées notamment avec le laboratoire de glaciologie de Grenoble, l'ASCOPARG (Association pour le contrôle et la prévention de l'air de la région grenobloise) a tiré la sonnette d'alarme sur les risques sanitaires du chauffage au bois tel qu'il existe actuellement. Considéré comme sans conséquence néfaste pour l'effet de serre, la combustion au bois est, cependant, beaucoup moins respectueuse de la qualité de l'air, et rejette dans l'atmosphère un grand nombre de particules, mais aussi d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des composés organiques volatiles (COV), dont en particulier du benzène. De nombreuses études ont mis en évidence l’importance de l’impact de ces particules et ces composés chimiques sur la santé humaine.

Un parc ancien obsolète et nocif

Le danger sanitaire est donc réel, mais jusqu'à présent, aucune mesure concrète n’a été prise pour réduire de façon significative ces émanations nocives. Pourtant, les causes principales de cette pollution sont maintenant, connues de tous. Pour Thomas Perrissin, distributeur de chaudière à granulés de bois, la responsabilité incombe au parc ancien de poêles et d’inserts. Un constat avancé également par Alain Weber de l'AGEDEN (Association départementale pour la promotion de la maitrise de l'énergie et des énergies renouvelables) qui dénonce également les feux de jardin et de broussailles qui semble avoir une part importante, mais pas encore quantifié, de responsabilité.

poêle à bûches

Mesures à prendre ?

Des mesures urgentes sont nécessaire et des solutions sont proposées par les associations et les scientifiques : une incitation significative à changer les vieux systèmes de chauffage au bois, la prise en compte d'un bâti écologique plutôt que l'achat simple d'un appareil pour bénéficier d'un crédit d'impôt ou même l’interdiction pure et simple du chauffage au bois bûches en ville. Mais les pouvoirs publics n'ont toujours pas réagi à ce réel danger sanitaire : le chauffage au bois continue d'être présenté comme une solution idéale, sans que soient préconisés des conseils d'utilisation et des restrictions d'usage. En attendant, ce problème majeur de santé publique continue. Jusqu’à quand ?

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