1. Monaco - Une oasis sous la mer
Monaco ! Un nom prestigieux connu du monde entier. Un rocher enclavé entre la montagne et la Méditerranée. Monaco ! Un petit Etat souverain, juché sous l'aile protectrice de la France, entre Nice et la frontière italienne. Monaco ! Une principauté tournée très tôt vers la mer et ses activités.
Jean Monot
Photo : Réserve sous-marine de Monaco (plage du Larvotto)
Le Prince Albert 1er, marin, navigateur et savant, précurseur de l'océanologie, a su par ses campagnes océanographiques (de 1889 à 1914) et ses travaux, éveiller les consciences sur le rôle fondamental joué par les océans pour l'avenir de l'Humanité.
En créant le Musée océanographique de Monaco, inauguré en 1910, il offrit au monde un outil majeur de vulgarisation des sciences de la mer.
Pendant cinquante six ans de règne, le Prince Rainier III, récemment disparu, a poursuivi l'oeuvre d'Albert 1er, par des initiatives internationales de protection du milieu marin et une politique résolument scientifique et écologique. Gageons que son fils, Albert II, suivra ses traces. C'est ainsi que la principauté s'est dotée, en 1976, d'une réserve sous-marine de cinquante hectares, au large des plages artificielles du Larvotto et du promontoire du Monte Carlo Sporting Club, par extension ultérieure.
Ce véritable sanctuaire de vie marine, enchâssé dans un contexte urbain, est dominé par des ensembles immobiliers résidentiels. Le parti pris monégasque du respect de l'environnement, tant sur le plan des pollutions et nuisances que de la préservation de la vie, a permis en quelques années de mener à bien cette opération exemplaire. Elle est souvent citée comme modèle par la Communauté scientifique internationale.
Ce parc marin, réalisé et suivi par l'Association Monégasque de Protection de la Nature, s'est fixé comme objectifs : l'implantation de récifs artificiels, une surveillance et une défense efficace de l'unique herbier de posidonies (Posidonia oceanica) existant sur le territoire de la principauté, et la réimplantation d'espèces végétales et animales en voie de disparition. Laboratoire naturel ouvert aux chercheurs, il a permis depuis sa création un grand nombre d'expérimentations scientifiques, dont les résultats probants et conclusions sont à mettre sur le compte d'une protection intégrale et d'une haute surveillance.
Plus prosaïquement, la richesse biologique de cette zone protégée est directement vérifiable sur les plages du Larvotto, où l'on voit les touristes toujours très enthousiastes, venir nourrir une faune abondante (mulets, sars, saupes, loups, daurades...), qui fait bouillonner l'eau en un ballet ininterrompu à quelques mètres du rivage. Un spectacle rare !
Jean Monot
Photo : Mulets nourris à la main (plage du Larvotto)
La mise en place d'un balisage fiable, la surveillance constante du site et la pose de récifs artificiels dès 1977, on favorisé le repeuplement progressif des fonds.
Jean Monot
Photo : vedette de la police maritime de Monaco(mission de surveillance Réserve)
Aujourd'hui les espèces nobles dénombrées dépassent les cinquante : mulet, sar, daurade, loup, sériole, chapon, labre, langouste, rouget, corb, congre, mostelle, murène, seiche, poulpe, saupe, calmar, serran, oblade, bogue, méduse... Quatorze espèces d'algues, trente trois espèces d'éponges, trente cinq espèces d'hydraires et vingt six espèces de mollusques, ont été également observées, surtout sur les structures artificielles, qui constituent à n'en pas douter, une forme d'aquaculture originale.
La bonne santé du site et sa productivité biologique exceptionnelle, ne pouvaient que profiter au milieu marin environnant. Les captures enregistrées hors de la réserve par les pêcheurs professionnels de la principauté sont en réelle augmentation depuis plusieurs années.
Mieux ! Un poisson presque totalement disparu des rivages azuréens depuis vingt ans, le corb, est à nouveau rencontré dans les eaux monégasques ainsi que le mérou, espèce protégée par un moratoire.
- Un laboratoire sous marin :
La réserve sous-marine de Monaco a connu une activité scientifique intense ces dernières année, à base d'expériences et d'expérimentations in situ : balisage de l'herbier de posidonies, immersion de récifs artificiels, lâchers de poissons, langoustes, homards, plantation de graines de posidonies ou d'algues, protection du corail naturel de la réserve, repeuplement en oursins comestibles, étude d'impact de la pollution sur les loups et moules (pris comme marqueurs biologiques)...
On estime qu'en vingt cinq ans la faune s'est multipliée par six. Elle ensemence désormais tous les fonds alentour.
Jean Monot
Photo : cage à loups (étude d'impact de la pollution sur les loups pris comme marqueurs biologiques)
L'AMPN, l'Etat monégasque, l'Université de Nice, le Musée océanographique de Monaco, le service de l'environnement et plusieurs universités étrangères participèrent à ce franc succès.
Les travaux d'extension en phase d'achèvement du port Hercule ont modifié l'organisation de la réserve à corail. Les grottes à corail artificiel ont dû être déplacées dans la réserve principale.
Un projet est à l'étude qui prévoit l'utilisation de la contre jetée du nouveau port et de son pilier central en béton, comme lieu d'implantation de corail artificiel et de faune fixée. Une convention signée avec le professeur Franco de la Faculté de Nice et l'Etat, déterminera la faisabilité du projet sur le plan biologique, courantologique, avec évaluation de l'apport en plancton.
Plus tard, un suivi sera assuré avec observation régulière et comptage des espèces. Récemment la fixation de Pinna nobilis (grandes nacres), des lâchers de corbs provenant des bassins du Musée océanographique et la cartographie par plongeurs de l'unique herbier de posidonies ont complété ce palmarès scientifique sans égal.
Jean Monot
Photo : une belle langouste sous une roche de la Réserve de Monaco
2. Port Cros premier parc marin d'Europe :
Jean Monot
Photo : plage de la Palud et îlot du Rascas (sentier sous marin)
Créé en 1963 dans les Iles d'Hyères, il comprend l'île de Port Cros, celle de Bagaud et les îlots de la Gabinière et du Rascas.
En 2008 le parc fêtera son 45 è anniversaire.
Il assure un suivi scientifique et une protection du milieu. La pêche artisanale et la plongée de loisir y sont réglementées.
La pêche à la ligne du bord, la chasse sous-marine et la pêche à pied sont interdites. Un sentier sous-marin, à la plage de la Palud, offre 40 minutes de randonnée palmée.
La découverte de la faune et de la flore, très riches dans ce périmètre, est de plus favorisée par l'implantation récente de récifs artificiels.
Maison du Parc : capitainerie du port 83400 - Port Cros
Jean Monot
Photo : Aquascope : (bateau avec vision sous-marine)Sorties chaque jour pour découvrir une faune sous-marine d'exception. Pour tous de 7a 97ans.
- Le dernier pécheur de Port-Cros :
Jean-Claude Ferri a dépassé l'âge de la retraite. A plus de 70 ans il poursuit un rêve, celui de pêcher dans le premier sanctuaire marin d'Europe, le Parc National de Port Cros (Var).
Dernier pêcheur professionnel permanant autorisé résidant dans l'île, il a conscience de vivre au « paradis ». Il perpétue le petit métier que son père Marius avait créé dans les années 30 ; et les techniques ancestrales qu'il lui a léguées.
Jean Monot
Photo : Jean-Claude Ferri dernier pécheur du parc.
Pour l'heure, le Parc National souhaite maintenir une activité de pêche artisanale dans ses eaux.
Pourtant Jean-Claude Ferri n'est pas optimiste pour l'avenir :
<< Je n'ai pas de gars qui puisse prendre la relève après moi. Le Parc ne le souhaite pas non plus. Sa politique à terme, c'est certainement de faire une réserve totale. La charte décourage d'ailleurs les postulants. Elle est trop pointue. La sélection va également s'opérer par le fait qu'il n'y a pas de logement à Port Cros pour celui qui voudrait pêcher à demeure. Comme il ne peut résider à bord de son bateau, après moi c'est fini. Je pense être le dernier pêcheur régulier ici >>.
- Une charte rigoureuse pour la pêche professionnelle :
Pour pouvoir exercer dans les eaux du parc, les « petits métiers » doivent signer une charte de partenariat depuis 1999. Elle autorise les patrons pêcheurs signataires, à caler leurs filets ou engins de pêche entre 16H et 9H, dans la zone de 0 à 30 m de profondeur. Au-delà de 30 mètres, la durée maximum est fixée à 48 heures.
Le professionnel doit respecter des tailles de mailles spécifiques et un nombre maximum de 6 pièces de filets de 100 m. Les paniers à poissons sont limités à 6 par bateau. Les embarcations de pêche ne peuvent dépasser les 12 mètres. Hors des sites de plongée aménagés, la pêche à l'hameçon est autorisée du 1er janvier au 30 avril. La pêche à la traîne est possible toute l'année. Une évaluation annuelle des prises est effectuée par le parc, au travers des fiches anonymes de l'agenda du patron de pêche.
Jean Monot
Photo : Roussette dans une grotte sous marine du parc
Ces deux sanctuaires demeurent les fleurons de la sauvegarde de la biodiversité marine en Méditerranée au seul bénéfice des générations futures.
(c) J. MONOT
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La préservation des fonds
Article très instructif,
Document trés important et
tres belles photos et
les photos sont
Superbes photos !
Superbes photos !