Et les coccinelles renaissent...

La viticulture raisonnée est une approche écologique adoptée par de nombreux vignobles. Dans le vignoble champenois, on peut citer Reuil (51), une commune située sur la route touristique du Champagne. Depuis 1991, date de création d'une Association Syndicale Autorisée (ASA), cette commune s'illustre dans la conservation de l'écosystème.

sculpture d'Eric Symczik
Photo : Maxime Hurtaux
Sculpture d'Eric Symczik, Reuil.

 

Si tous les récoltants et producteurs de vin adoptaient cette nouvelle approche qu'est la viticulture raisonnée, l'emploi de pesticides serait considérablement limité, voire définitivement obsolète.

La viticulture raisonnée, c'est aussi une approche phytosanitaire efficace : bassins de décantations des eaux usées avec dispositifs de filtration, et mesures contre le gaspillage font parties intégrantes de cette politique. La Marne et les organismes qui la peuplent en restent ainsi conservés.

Le Champagne, ce vin de prestige connu dans le monde entier, résulte d'un assemblage de raisins (cépages). Les grappes de raisin sont, et ce avant leur apparition, menacées par des organismes tels que l'eudémis ou le cochylis. Comme tout organisme présent sur cette Terre, ces deux là ont leur place dans un écosystème bien défini. Leur destruction par les pesticides a été largement répandue jusqu'en 1998, date qui correspond à l'arrivée des raks, petits diffuseurs de phéromones de synthèse qui sèment le trouble chez les parasites de la vigne. Toute reproduction devient alors impossible pendant une période donnée qui correspond à la maturation des grappes, puis à leur récolte. Comme vous le verrez dans le reportage, cette méthode appelée « confusion sexuelle » permet de sauver un grand nombre d'espèces qui périssaient massivement à cause des pesticides.

Parmi les espèces menacées, nos chères coccinelles ont particulièrement souffert, disparaissant du secteur de traitement par pesticides.

Selon Jean-Claude Nanet, président de l'ASA, la confusion sexuelle c'est «une histoire de masse. Pour être efficace, toute parcelle à raks doit être relayée par la parcelle voisine, ce qui n'est pas toujours le cas». Hélas, force est de constater que certains viticulteurs restent réticents face à la viticulture raisonnée. En effet, elle fait appel à de nouvelles habitudes. Modifier ses habitudes, c'est précisément l'enjeu d'un monde qu'il faut changer pour sauver notre planète.

Mesure largement encouragée par les ministres de l'agriculture qui se sont succédés depuis les années 90, la viticulture raisonnée permettra, si elle s'étend sur tous les vignobles, de préserver notre santé, l'environnement ainsi que sa biodiversité... Et peut-être verrons-nous réapparaître certaines espèces qui avaient déserté nos campagnes.

Un reportage de Maxime Hurtaux.

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