Happy Culture

Un animal connu de tous, dont la survie est menacée, est lié au destin des êtres humains.

Einstein aurait même dit que les hommes ne lui survivraient que de quelques années.

Le connaissez vous ?

 

 

Non, la disparition du miel ne menacepas l’humanité….

 

Cependant il existebien un lien entre les hommes et les abeilles. Un lien beaucoup plusproche qu’on ne pourrait l’imaginer à première vue…En effet, La survie de plus de 80 % des espèces végétalesdans le monde et la production de 84 % des espèces cultivéesen Europe dépendent directement de la pollinisation par lesinsectes, qui sont pour l’essentiel des abeilles.

(Source : INRA,Conférence de Presse « Biodiversité etAgrosystèmes », 1er février 2005)

 

L’incidence exactedes insectes pollinisateurs dans la pollinisation est cependantdifficile à mesurer car d’autres agents tel que le vent oul’auto-pollinisation passive interviennent dans la fécondationde certaine plante.

Ainsi, un groupe dechercheurs a réalisé une large revue bibliographiquedes travaux scientifiques portant sur les 115 cultures les plusimportantes dans plus de 200 pays. Il en résulte que laproduction de plus de 3/4 des cultures utilisée directementpar l’homme pour sa nourriture bénéficie del’activité pollinisatrice des animaux. Sont concernées :la majorité des cultures fruitières, légumières,oléagineuses et protéagineuses, les fruits àcoques, les épices et les stimulants (café, cacao).

 

De plus, pour lescultures maraîchères, l’activité pollinisatricedes abeilles est essentielle pour produire des fruits de qualité,tant au niveau du calibre que de l’aspect. Les culturessemencières, en particulier, impliquent des besoins enpollinisation généralement plus importants que lesautres cultures car la fécondation croisée multipliepar plus de 2 le taux de fructification et le nombre de graines pargousse, par rapport à l’autofécondation.

L’abeilleest donc indispensableà l’équilibreet au fonctionnement de notre écosystème ainsi qu’àl’agriculture,puisqu’elle conditionne lasurvie des plantes à fleurs,mais aussi leur qualitéet leur quantité.

Et elles disparaissent ...

Partout dans lemonde et plus encore dans les pays industrialisés comme laFrance, les populations d’abeilles sont en déclin et denombreuses espèces sont menacées.

Les chiffres parlentd’eux-mêmes : le taux de mortalité des abeilles,habituellement constaté entre 3% à 5% jusque dans lesannées 1990, atteint désormais de façonrécurrente 30% à 50% depuis 1995, ce qui représente300 000 à 400 000 ruches décimées chaque annéeen France. La productionannuelle de miel en France est alors passée de 35000 tonnes en1990 à moins de 25000 tonnes en 2004 ((Union Nationale del’Apiculture Française).

Ces pics desurmortalité anormale se constatent essentiellement dans leszones de grandes cultures.

 

D’aprèsl’INRA, ce phénomène résulte de plusieursfacteurs, notamment la disparition des sites de nidification desabeilles due à l’urbanisation, la raréfaction desplantes qui leur fournissent nectar et pollen (liée àla monoculture et l'utilisation d'herbicides), le développementde maladies parasitaires ou encore les épandages depesticides, toxiques pour ces dernières...

 

Ces facteurs onttous un point commun : l’homme.

Nous sommes doncdevenu le prédateur N°1 de ces petites bêtes qui nenous veulent pourtant que du bien…

Ces différentsparamètres agissent en synergie et sont tous responsables dela disparition de l’abeille. Cependant les avis divergentconcernant la part de responsabilité des pesticides dans cettehécatombe.

Sur le banc desaccusés : les pesticides neurotoxiques systémiquesprincipalement, utilisés en enrobage des semences, et quiagissent en se diffusant par la sève dans l’ensemble de laplante. La molécule active se retrouve alors au niveau dupollen butiné par les abeilles.

Ces produits sontsuspectés d’agir de façon directe ou indirecte,soient en tuant directement les abeilles, soit en endommageant leursystème nerveux central et provoquant ainsi une perted’orientation ou des modifications de comportements.

 

Les principauxproduits mis en cause:

 

- Le Gaucho® :mis sur le marché en 1995 puis interdit en France surtournesol en 1999 et en 2004 sur culture de maïs, suite àun scandale national révélé par les apiculteursconcernant sa toxicité vis-à-vis des abeilles. Il esttoujours autorisé en Europe et sa molécule active(imidaclopride) est encore sur le marché en France sous unautre nom, le Confidor, utilisé sur pommier, prunier,abricotier, pêcher, etc.

- Le Régent® :interdit en France en 2004 mais autorisé en Europe et doncsusceptible d’être remis sur le marché si la France seconforme au normes européennes
-Le Poncho® : suspendu en France en janvier 2008 maissusceptible d’être prochainement autorisé, le dossierétant encore en cours. Voir l’articlesur http://www.agriculture-environnement.fr/Le-dossier-du-Poncho-n-est-pas.html

- Le Cruiser® :autorisé en France depuis janvier 2008 …

Les débats sont ouverts !

Ainsi, lesindustries agro-alimentaires, certains agriculteurs mais égalementcertains chercheurs refusent d’attribuer le phénomèneaux pesticides et mettent en avant d’autres causes de mortalité.

  • Association Agricole : « La France est le seul pays au monde à avoir supprimé les insecticides Régent TS et Gaucho sur les semences de tournesol et de maïs, en réponse aux inquiétudes des apiculteurs. Pour nos voisins, les difficultés que rencontre l'apiculture ont d'autres origines. Maladies, climat défavorable, manque de nourriture, mauvaises pratiques apicoles ou agricoles… de nombreux facteurs menacent les abeilles.»

     

  • Pr Maria Spivak, chercheuse à l’Université de Minnesota : « les problèmes les plus graves sont ceux posés par les pathologies. Viennent ensuite la sous-alimentation et les carences liées aux monocultures, et enfin les pesticides : d’origine apicole ou les produits de traitements agricoles. […], les cocktails de pesticides présents dans les ruches méritent d’être surveillés, bien que leurs impacts éventuels restent encore raisonnablement hypothétiques. »


  • Michel Aubert, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) : « Aujourd’hui, tout un faisceau de preuves conduit à dire que l’imidaclopride (molécule active du Gaucho) a été une fausse piste.»

Du côtédes apiculteurs, des associations et de certains chercheurs, lediscours n’est pas le même et l’utilisation de cespesticides reste la principale cause de surmortalité desabeilles.

  • Lylian Le Goff, médecin, environnementaliste. Membre de FNE et du Comité de veille écologique de la FNH (co-rédacteur du Pacte écologique) : « C’est trop facile d’incriminer les virus dans l’hécatombe actuelle. Les virus ont toujours existé, l’abeille aussi, bien avant l’apparition de l’homme ! On veut nous faire croire que l’abeille est fragile. Si tel était le cas, elle aurait dû disparaître depuis longtemps ! Ce sont nos pratiques agronomiques devenues dépendantes de la chimie qui, à la fois, renforcent la virulence de certains micro-organismes en provoquant des mutations et fragilisent les espèces, dont l’abeille. […] »

  • Fabrice Terrien - Agriculteur en Charente-Maritime : « Je ne fait pas de "bio", je suis plutôt dans le "traditionnel chimique" et j’affirme que les dégâts sur la micro-faune (insectes en têtes) sont considérables. J’ai moi même provoqué la destruction d’un rucher (10 ruches) en un après-midi en semant du tournesol protégé par un traitement à base de fipronil (molécule active du Régent). La véracité de mes propos est vérifiable auprès de techniciens des services vétérinaires. » (Source : site de l’association « Terre d’abeilles »)


Réaction duministre Michel Barnier, le jour de la manifestation contre leCruiser® :

Replacement Text

Une audition apourtant eu lieu à l’Afssa en janvier 2008 afin de présenterles résultats d’une étude menée par Mr LucBelzunces, chercheur à l’INRA Avignon. Cette étudeécotoxicologique démontrait que le thiamétoxam(molécule active du Cruiser) présente une toxicitéaiguë, réitérée ou chronique lors de sonadministration aux abeilles en laboratoire. Les résultats ontnotamment montrés que le comportement de vol des abeilles, enparticulier leur retour vers la ruche, était perturbépar l’absorption de très faibles doses de cette substance.

Ces résultatsn’ont, cependant, pas été pris en compte car« Monsieur L. Belzunces a convenu que ces résultatssont très difficilement extrapolables à des résultatsque l'on pourrait attendre après une exposition au travers dupollen. » (Source : Afssa, 30 janvier 2008).

 

Afin de prouver sonsérieux dans cette affaire, le ministère insiste surles restrictions accompagnant cette autorisation (voirhttp://agriculture.gouv.fr/sections/presse/communiques/cruiser-mise-sur-marche).Elles viennent pourtant confirmer le haut niveau de risque pour lesabeilles, les autres insectes pollinisateurs, l’environnement et lasanté humaine lors de l’utilisation du Cruiser.

Le Ministre del’Agriculture ne précise pas comment l’application de cesrestrictions sera garantie …

Une guerre à armes égales ?

Lesfirmes commercialisant ces produits (notamment Bayer), sontpuissantes. Elles possèdent de nombreux moyens de pression etn’hésitent pas à en user afin de faire taire lesopposants. Les exemples ne manquent pas, tant du côtédes apiculteurs militants que des scientifiques…

Ainsi,un article de Le Point(Le point 12/02/04 – N°1639)datant de 2004, relate lesmésaventures de Frank Aletru, apiculteur militant del’association « Terre d’abeilles », quicumule, en l’espace de trois ans, un contrôle fiscal, un desdouanes, deux de l’Urssaf, cinq de la Direction de la concurrenceet de la répression des fraudes ainsi qu’une visite par moisdes Renseignements Généraux…Son tort ? Avoirclamé haut et fort la responsabilité de la firme Bayerdans l’affaire du Gaucho.

 

Les scientifiquesnon plus ne sont pas épargnés et certains chercheurs sesont vus retirés leurs crédits de recherche suite àdes découvertes dérangeantes…

 

De multiplesaberrations sont également observées dansl’homologation des pesticides.

Le mêmearticle de Le Point relève, qu’a cette époque, lacommission des toxiques du Ministère de l’Agriculture,garante de l’innocuité des produits agrochimiques,comprenait en son sein des représentants des firmesagrochimiques elles même ! Et que le comitéd’homologation ne se réduisait, en fait, qu’a une seulepersonne !

Autreaberration : les tests d’homologation ne prennent pas encompte l’effet cocktail des pesticides or « On sait bienque l’ « effet cocktail » des pesticides estredoutable, d’autant plus qu’il est totalement laissé pourcompte dans les études toxicologiques conditionnant les misessur la marché et que, dans les champs, ce ne sont pas deuxpesticides qui sont mélangés, mais des dizaines ! »(LylianLe Goff, médecin, environnementaliste).

Etn’oublions pas que la France est le 1er consommateur depesticides en Europe et le 3eme consommateur mondial aprèsles Etats-Unis et le Japon.

Bee aware !

Ladisparition massive des abeilles confirme le bien-fondé etl’urgence des débats environnementaux actuels :utilisationexcessive de pesticides, dissémination des OGM, menace sur labiodiversité, risque de carence alimentaire mondiale, etc.L'abeille est une sentinelle environnementale et nous envoie unappel au secours.

 

Elle n’estcependant qu’un exemple parmi beaucoup…Dans cet article l’accenta été mis sur cette espèce qui est au centred’un enjeu d’actualité et qui possède un lienévident avec l’homme. Même s’il est triste dedevoir, une fois de plus, rapporter à l’homme les incidencesd’une catastrophe écologique, nous savons aujourd’huiqu’il s’agit du seul moyen d’éveiller les consciences…

Ainsi, les chiffresactuels de l’érosion de la biodiversité sontéloquents : 1 espèce végétale sur 6,1 espèce de mammifères sur 4 et 1 espèced’oiseaux sur 8 sont actuellement considérées commemenacées d’extinction dans le monde. Près de 30 000espèces disparaissent chaque année et à cerythme, 50% des espèces pourraient disparaître d’ici2100.

(Conférenceinternationale « Biodiversité : science et gouvernance», Paris, janvier 2005)

 

« Etquandune espèce disparaît, c'est comme quand une maille saute: cela n'empêche pas le tissu de tenir. Et puis, deux, trois,quatre mailles sautent et tout d'un coup, tout s'effiloche »(RobertBarbault, directeur du département d'écologie et degestion de la biodiversité au Muséum d'histoirenaturelle de Paris).

En effet, les liensimpliquant les différents êtres vivants sont complexeset souvent méconnus. Chaque espèce a son rôle àjouer pour maintenir l’équilibre d’un écosystèmeet la perturbation d’un seul de ces rôles peut engendrer desconséquences irréversibles pour l’ensemble de lamachinerie…

 

Le défit,aujourd’hui, réside dans la prise de conscience collectivedes troubles écologiques actuels et dans les solutions quenous trouverons pour accéder à un développementdurable.

Mais cette prise deconscience ne doit pas s’ensuivre d’une vague de pessimisme… Aucontraire, rester optimiste et avancer en considérant notreenvironnement sont les clefs de l’avenir. Bee Happy !!

 

 

 

Interview d'Hubert Reeves :

Replacement Text

 

Pour pouvoir signer votre commentaire, merci de vous inscrire. Dans le cas contraire, vous apparaîtrez comme "anonyme".