Le radon sévit en France en employant toujours le même mode opératoire, il agresse ses victimes chez elles. Bien que celui-ci soit connu des services spécialisés, la législation française n’est pas assez contraignante pour l’arrêter. C’est pourquoi, il est indispensable de révéler son identité au grand public afin que ce dernier soit à même de le repérer et de s’en protéger.
Le radon, un gaz inodore et incolore…
Gaz rare, le radon provient de la désintégration de l’uranium et se désintègre lui-même en d'autres produits radioactifs solides (Polonium 218 et Polonium 214 entre autres) qui émettent des particules radioactives alpha.
…et pourtant si nocif
Des recherches sont, depuis les années 60, menées afin d’étudier le caractère nocif du radon. Pour se faire, des études épidémiologiques sur des populations de mineurs exposées sous terre à de forte concentration de radon ont mis au jour le lien de causalité entre l’exposition au radon et l’apparition de cancers du poumon. C’est pourquoi, dés 1987, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) l’a reconnu comme élément chimique cancérigène.
Aujourd’hui, les études se tournent vers l’inhalation du radon dans les habitations.
Inodore et incolore, chimiquement inerte, il n’est nullement perceptible par nos sens. Le Comité Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), avec son Responsable Pôle Ventilations et Ambiances Intérieures, Bernard Collignan, cherche à sensibiliser le grand public à cette problématique.
Or, nous respirons six à dix litres d’air par minute et passons 80 % de notre temps à l’intérieur des bâtiments, principalement chez soi. Ainsi, selon une étude publiée par l’Institut National de Veille Sanitaire,le radon, en s’introduisant dans les habitations, cause de 1200 à 2900 décès - par cancer du poumon - chaque année, en France. Afin d'évaluer le risque auquel chacun s'expose au sein de son habitation, une mesure de dépistage normalisée a été mise en place.
La prévention contre le radon, un enjeu de santé publique mondial…
Ayant pris conscience de l’enjeu de santé publique représenté par le radon, l'OMS a donc décidé de mettre en place le Projet international sur le radon dans le cadre duquel plus de 20 pays ont formé un réseau de partenaires chargés d'identifier et de promouvoir des programmes visant à réduire les effets sanitaires du radon. Pourtant les pouvoirs publiques ne réagissent pas tous dans la même mesure, face au danger que présente le radon.
L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) américaine a, par exemple, décrété que chaque année, le mois de janvier serait «mois national d’action contre le radon», période durant laquelle ses concitoyens sont incités à faire analyser la concentration du gaz dans leurs logements, grâce à un prix du test inférieur à 25 dollars (17 euros). Elle a, par ailleurs, mis à disposition un numéro d’appel d’urgence «spécial radon». Si les concentrations relevées sont supérieures à 148 Bq/m3, des travaux de mise en conformité sont alors obligatoires.
La réglementation britannique, quant à elle, impose logiquement un taux inférieur à 200 Bq/m3 pour les habitations, lieu où chacun d’entre nous passe le plus clair de son temps, et un taux inférieur à 400 Bq/m3 sur les lieux de travail.
… et pourtant soumise à une réglementation peu contraignante en France.
En France, le radon a bien été inclus dans le Plan national Santé-Environnement de 2004-2008 (action 17). Mais, à ce jour, seuls les établissements existants appelés à recevoir du public, tels les établissements scolaires, sanitaires, sociaux et pénitentiaires, doivent respecter une obligation légale en terme de non dépassement d’ une concentration de 400 Bq/m3. En revanche, aucune réglementation n'a encore été introduite pour les établissements neufs et les logements privés.
En l’absence de texte réglementaire dans les régions où le risque est élevé du fait de la présence plus forte de radon dans certaines roches, telles en Bretagne, en Corse ou dans le Limousin, il semble indispensable que chacun mesure le taux de radon dans son habitat, afin de s’en prémunir si nécessaire.
C’est parce qu'à l’image de l’amiante, « une action efficace pour réduire les risques de santé liés au radon ne deviendra envisageable que lorsque notre responsabilité vis-à-vis de ce risque sera comprise et partagée par les scientifiques, les hommes politiques et le grandpublic »,que ces lignes valaient la peine d’être lues.
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