Au cours des six derniers mois, quatre grands projets éoliens en pleine mer ont été dévoilés, portant à six le nombre de projets offshore actuellement en discussion en France. Retour sur une technologie en plein essor, fer de lance des énergies renouvelables, mais qui subit encore de nombreux freins...
Il y a seulement dix ans, l'énergie éolienne était encore inconnue en France, et d'aucuns la considéraient comme une utopie écologiste, coûteuse et à l'efficacité incertaine. Pourtant la France a décidé d'emboîter le pas sur l'Europe du Nord, pionnière dans ce domaine, et aujourd'hui force est de constater que le vent a tourné. Chacun a pu observer ces moulins futuristes, de la Champagne au Midi, de la Picardie à la Bretagne. Energie propre et renouvelable, l'éolien est plébiscité par 90% des Français et soutenu par les pouvoirs publics. Mieux, les investisseurs et les grands groupes industriels sont de plus en plus attirés par cette technologie bien au point et rentable (1).
Parmi les projets de nouvelles « fermes éoliennes », six sont prévus en pleine mer : les premières éoliennes offshore françaises sont attendues dans la Manche en 2009, à huit kilomètres de la Côte d'Albâtre. En Europe, trente de ces « fermes offshore » fonctionnent déjà dans la Baltique, la Mer du Nord et au large des îles britanniques.
Immenses espaces, vents puissants et quasi continus, l'éolien offshore est une source d'énergie abondante : d'après la société Enertrag, les vingt-et-une éoliennes géantes de la Côte d'Albâtre produiront une quantité d'électricité équivalente à la consommation des habitants de la ville de Rouen (2). La puissance additionnée des six projets annoncés équivaut à celle du réacteur nucléaire EPR qui entrera en service en 2012.
Mais ces projets verront-ils le jour ? Rien n'est moins sûr : l'éolien offshore est en proie à de nombreuses difficultés et polémiques. Leurs promoteurs expliquent que la loi française est la plus contraignante d'Europe pour l'autorisation de construction de parcs éoliens. Et les projets offshore sont un véritable pavé dans les eaux maritimes, régies par une administration militaire peu préparée à ce nouveau type de dossier. Le projet d'Enertrag aura dû passer par huit procédures d'enquêtes publiques successives avant l'autorisation ultime du préfet attendue pour l'été 2008. Il avait pourtant été approuvé par l'Etat en 2005 !
Les critiques les plus virulentes viennent des professionnels de la pêche, qui craignent que les éoliennes interdisent l'accès à une partie de leur ressource, alors que l'activité souffre déjà des quotas de pêche et de la flambée des cours du pétrole. Les promoteurs des projets de la baie de Saint Brieuc et de la baie de Seine, prévus à l'horizon 2012, ont décidé de lancer des concertations préliminaires afin de sélectionner les sites les moins impactants pour la pêche. Des récifs artificiels installés au pied des éoliennes pourraient même servir de sites de reproduction protégés. Les fermes offshore sont-elles une menace ou une chance pour l'activité économique du littoral ?
Le Grenelle de l'environnement n'a pas apporté de solution précise aux difficultés de l'éolien offshore ni aux manques de la réglementation française. Pourtant, le gouvernement, les associations écologistes et les industriels sont tous d'accord sur une chose : les vents de la mer sont incontournables pour produire rapidement et en grande quantité une énergie propre et entièrement renouvelable. La France a fixé des objectifs à l'horizon 2015 : Seront-ils atteints, sans aménagement de la loi et sans coordination des projets de la part de l'Etat ?
A contrario, le Royaume-Uni et l'Allemagne, ou plus récemment l'Espagne ont entrepris des politiques volontaristes pour promouvoir et encadrer l'essor de l'éolien offshore. Pour l'heure, son avènement en France est entièrement suspendu aux négociations plus ou moins difficiles au niveau local, et aux décisions des administrations maritimes qui auront à se prononcer.
Cooperly
(1) : SUEZ a racheté cette année la Compagnie du Vent, société pionnière dans le développement éolien en France ; AREVA est devenu actionnaire majoritaire de Multribrid, fabricant d'éoliennes allemand : les premières éoliennes offshore françaises seront ainsi estampillées AREVA. Enfin, Gaz de France a acquis récemment le fabricant Nass and Wind.
(2) : Equivalent en Consommation par Ménage français soit 2 500 kiloWatt.heure par an, hors chauffage électrique
Afin d'aller plus loin, voici un ensemble de sites internet relatifs aux éoliennes offshore :
Blogs :
Les énergies de la mer : http://energiesdelamer.blogspot.com/
Le blog des énergies renouvelables : http://eole.over-blog.net/
Reportages TV france
France 2 - JT de 13h00 - 30 janvier 2007
France 3 - Basse Normandie - 13h00 - 30 janvier 2008
France 3 - Basse Normandie - 13h00 - 30 janvier 2008 - ITW de Frédéric Lanoe directeur général de WPD : Partie 1 Partie 2 Partie 3 :
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