Un peu plus d'un mois après la proclamation de l'état d'urgence en Campanie, que sont devenus les milliers de tonnes d'ordures qui s'entassaient, début 2008, dans les différents quartiers de la ville de Naples ? Quelles sont les conséquences d'une telle situation sur l'environnement ? Les mesures adoptées, ont-elles permis de surmonter la crise?
Près de deux mois après le début du chaos, les déchets font toujours partis du quotidien d'un grand nombre d'habitants de la Campanie. La
« munnezza », comme on l'appelle en dialecte napolitain, continue de s'entasser en périphérie de Naples et dans la campagne environnante.
Entre laxisme politique et main mise de la mafia
Cela fait maintenant plus de quatorze ans que la Campanie est en proie à un tel fléau, qui s'est par la suite répercuté sur l'environnement. L'incompétence des autorités en matière de gestion des ordures est en partie à l'origine d'une telle catastrophe. Pendant près de trois décennies, la Campanie a reçu les déchets des régions du nord, alors en phases d'équipement en matière d'incinérateurs et de thermovalorisateurs.
Tout au long des ces années, les immondices n'ont fait que s'entasser, car la région de Naples ne dispose d'aucun centre de combustion des ordures. Très tôt, les décharges ont commencé à être saturées sans pour autant que les autorités ne s'en préoccupe réellement.
C'est alors que la mafia napolitaine, la camorra, a commencé à profiter du désordre qui régnait dans le secteur du retraitement des déchets. Les clans mafieux ont racheté des terrains, et sont ensuite parvenus, grâce à la corruption et notamment leurs connexions avec les milieux politiques, à se procurer les documents officiels leur permettant de transformer les terrains en décharges. La dernière phase, est celle consistant à démarcher les entrepreneurs et les collectivités, en leur proposant des services à des prix bien en dessous de la concurrence. Dans son ouvrage Gomorra, Roberto Saviano, y affirme au le prix légal du retraitement des déchets industriels dérivés des substances chimiques et donc toxiques, se situent entre 21 et 62 centimes d'euros le kilos. Les mafieux offrent les mêmes services pour 9 à 10 centimes d'euros le kilo, transport compris !
Une désastre écologique
Les clans y déversent alors les ordures ménagères, des particuliers, mais aussi des déchets provenant des industries lourdes, telles les aciéries, les usines et même les hôpitaux. Ceux-ci sont extrêmement toxiques car ils contiennent des produits chimiques ou des substances dérivées du mercure, de l'arsenic, du plomb....
Ces matières finissent dans les terres de la Campanie et contaminent ensuite les nappes phréatiques. Les sols sont d'années en années un peu plus pollués et donc de moins en moins fertiles. Le secteur agricole est dévasté et les populations de plus en plus réticentes à consommer des aliments (fruits, légumes, produits laitiers) provenant des terres du pourtour napolitain. Les enquêtes sanitaires réalisées, démontrent que de plus en plus de produits agricoles contiennent des traces de dioxines.
On assiste aussi à une importante pollution de l'air. Lorsque ces déchets sont brûlés, ils dégagent une fumée contenant des dioxines, très nocives pour la santé des riverains.
Un tel bouleversement écologique, a valu à Naples et à sa province, le surnom de « Tchernobyl d'Italie ».
La santé des populations n’est pas en reste.
Ce désastre écologique, n’est pas sans conséquences sur la santé des populations. La Campanie est la région d’Italie ayant le plus fort taux de cancers : 38.4% pour l’année 2006. Les villages les plus touchés sont ceux de Nola, de Marigliano et d’Acerra. Ils se situent tous les trois dans un rayon de 30 km autour de Naples.
Un cruel manque d'équipements
La Campanie, qui produit environ 7200 tonnes de déchets quotidiens, ne dispose d'aucun incinérateur permettant la combustion des ordures. Cela fait maintenant près de 10 ans que le village d'Acerra attend la fin de la construction du premier incinérateur de la région.
Il ne reste plus que les décharges permettant le stockage des déchets ménagers.
Mais un bon nombre d'entre elles sont aujourd'hui fermées. Soit parce que leurs gérants sont soupçonnés, par l'administration, d'avoir des liens avec la mafia. Ou alors parce qu'elles sont saturées d'immondices qui n'ont jamais été expédiées vers les sites d'incinération limitrophes. En effet, nombreuses sont les régions voisines refusant les déchets de la Campanie.
Il est fréquent qu'une partie des ordures (entre 1500 et 2000 tonnes par jour) soit envoyée et incinérée en Allemagne, à des prix 30 fois supérieurs à ceux du marché national. Le reste des ordures ne pouvant être exportées, s'entasse en périphérie des villes et dans les zones de moindre peuplement.
Le plan d'urgence « De Gennaro »
Début janvier, et après des semaines de protestations et d'affrontements entre riverains et forces de l'ordre, le gouvernement Prodi à nommé un commissaire extraordinaire, chargé de faire face à l'état d'urgence.
Il s'agit de Gianni De Gennaro, l'ancien chef de la police sous Berlusconi, a qui une mission de 100 jours a été confiée pour mettre fin à la catastrophe écologique dont est victime la Campanie.
Son plan d'urgence prévoit la réouverture temporaire, de 8 sites de stockage d'ordures, fermés depuis de nombreuses années. Ces décharges permettraient d'évacuer des tonnes et des tonnes d'immondice qui se sont accumulées dans la périphérie de Naples et dans les villages des alentours. Les trois premiers sites remis en service sont la décharge de Villaricca ; le site de stockage de Marigliano et l'ancienne manufacture de tabac de Gianturco, en périphérie de Naples.
La réouverture des autres sites de stockage d'ordures ménagères est bien plus problématique ; notamment à Pianura, dans la banlieue nord de Naples, où la population s'oppose avec force à la remise en service de la décharge saturée et fermée depuis 1996.
Pourquoi les populations sont elles aussi réticentes à la réouverture des décharges ? Car elles craignent qu'avec les ordures ménagères, soient aussi déversés des déchets industriels toxiques et dévastateurs aussi bien pour l'écosystème que pour la santé.
Le plan De Gennaro n'est qu'une solution pour le court terme, censée mettre fin à l'état d'urgence et en aucun cas à résoudre les problèmes de dysfonctionnement en matière de retraitement des déchets.
Le tri sélectif comme principale solution d'avenir
Des associations de protection de l'environnement telles
Greenpeace et la WWF
Campanie organisent régulièrement, en collaboration avec la municipalité de Naples, des journées d'initiation au tri sélectif, comme par exemple
« la domenica differenziata » ou le projet
« differenziamoci ».
Mais le tri sélectif (plastic, verre, papier et matières organiques) a énormément de mal à décoller en Campanie.
Un des premiers obstacles au bon déroulement du tri sélectif, est l'absence d'un site de compostage pour les déchets organiques qui représentent un tiers des ordures ménagères.
La création d'un site de stockage des ordures provenant des matières végétales, n'est encore qu'à l'état de projet.
Les populations de leur coté, se plaignent du manque de dispositifs dédiés à chaque matériau. Certains affirment, que lors du ramassage, les ordures triées finissent toutes dans le même container. Beaucoup ont d'ailleurs abandonné le tri sélectif pour cette raison. Cet exemple est bien représentatif de l'absence de confiance existant entre la population et l'administration napolitaine.
A cela s'ajoutent des problèmes de comportement. Dans le quartier chic du Vomero, le tri sélectif est une réussite, tandis que dans les quartiers populaires, c'est un véritable échec.
Le sens du civisme, peu développé, d'un trop grand nombre de napolitains, est souvent mis en cause par les politiques.
En 1997, le ministre de l'Environnement avait lancé un ambitieux projet ayant pour objectif de transformer les déchets en énergie. Le décret Ronchi, prévoyait la construction de 7 centres de compactage dédiés à la compression des ordures ménagères préalablement triées. Ces déchets, transformés en matières premières, devaient alimenter deux centres de thermovalorisation chargés de produire de l'énergie grâce à la combustion des ordures recyclées. Pour cela, les autorités visaient 35% de tri sélectif en 2003. Un objectif, qui est loin d'être atteint puisqu'en 2006 le tri sélectif en Campanie atteint péniblement les 11,3% tandis que la ville de Naples, elle, se situe en dessous des 9% pour la même année. Et 11 ans après l'approbation du décret, aucun de ces équipements n'est encore en service.
L'ultime solution, maintes fois évoquée, serait d'imposer le tri sélectif à travers des lois officielles, comme cela existe en Allemagne par exemple.
Enfin, le cas des déchets exportés outre Rhin est représentatif du manque de solidarité existant entre les différentes régions italiennes. Depuis 30 ans, la Campanie est le déversoir des régions du nord de l'Italie. Mais aujourd'hui le Piémonts et la Lombardie, au point en matière de retraitement des déchets, refusent d'accueillir une partie des immondices provenant de Naples et de sa région. La Sardaigne fait partie des quelques régions ayant accepté de prêter main forte à la Campanie.
Un soupçon de solidarité nationale permettrait de stopper ou du moins de limiter les dégâts sur l'environnement.
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play slots les regles du
Voila un problème qui est
Très bien ton reportage
D'accord, la mafia, les
Un tel scandale
Mais pourquoi tant
Que vergüenza l'Italia y
MA che schiffo !!! Napoli e
Trés bien le reportage!!!
Bravo Mael, il ira loin ce
héhé mael bonne
Mais quel horreur! Je savais
Finallmente i giornaliste
Finally I could learn
Très bon reportage, bien
Mamma Mia quel
felicitaciones por el
Je n'avais pas conscience
Je n'avais pas conscience
Esta interesante tu
Très intéressant !!! C'est
tres interessant, enormement
c abisiff tout sa, votre
Naples et sa splendeur
Le "Bel Paese" afflict par
afin on reparle de Naples
Tant que l'argent sera roi