Dans le domaine du graphisme et de l’industrie papetière, comptant parmi les activités économiques consommant le plus d’énergie au niveau mondial : émissions à effet de serre, produits chimiques, énergies, rejets dans l’eau et dans l’air, déchets…, on travaille sur l’empreinte écologique. Le Studio Be pôle fait de l’éco impression durable : encres végétales, papier recyclés, économie de moyens. Le graphisme durable signifie aussi un meilleur choix de papier, un recyclage des produits, de meilleurs procédés de fabrication, l’utilisation de solvants à base d’huile végétale. Le fond les intéresse aussi bien que la forme. Le procédé imprim’vert permet au studio un meilleur choix des qualités de papiers.
La plupart de nos objets, comme une perceuse ou une automobile restent arrêtés 92% de leur temps. On parle de biens inertes. Les designers cherchent des solutions pour intensifier l’usage des produits par des objets mimétiques qui s’adapteraient à l’utilisateur ou un nouveau design de service, centré sur le partage de l’espace et des équipements. La vente de produit serait remplacée par la vente de services. En combinant la réflexion sur les notions de location et de recyclage, le groupe américain Interface, fabricant de moquettes et tapis, propose un programme de location de moquettes de bureaux : l'entreprise fabrique des moquettes recyclables et assure chez ses clients la pose et la maintenance du revêtement de sol, les dalles de moquettes usagées sont remplacées au fur et à mesure de leur usure, et les dalles récupérées permettent la fabrication de nouvelles dalles. Les objets deviennent ainsi évolutifs pour être upgradés (repris par l’entreprise).
Les matériaux renouvelables intègrent l’imaginaire des designers. L’exposition « Matières à cultiver» au Via[i]valorise les matériaux écologiques : le vélo du designer Fritsch au cadre en bambou, la corbeille en bambou contreplaqué de Matali Crasset… Agnes B. travaille quant à elle avec des PLA (Bio plastiques) dans une démarche éthique de la mode. Mathieu Lehanneur dépollue l'air par les plantes en utilisant les recherches de la Nasa. Véritable départ d'une gamme d'électroménagers d'un nouveau genre, utilisant des plantes très répandues comme le Chlorophytum, "Bel air" est une mini serre portative qui aspire en continu l'air vicié de la pièce pour le soumettre à des filtres naturels. Quant à l'esthétique, "Bel-Air" bouleverse les codes. La plante est déboulonnée de son statut ornemental pour devenir un véritable objet de service. Mathieu Lehanneur travaille avec les matériaux du futur pour dépolluer l’air.
La réalisation de bâtiments dans le souci du développement durable est une des solutions les plus efficaces pour lutter contre l’effet de serre et la dégradation des milieux naturels. Par exemple, les habitats passifs génèrent leur propre énergie. La démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) dans l’architecture consiste à mettre en valeur les matériaux locaux et les techniques anciennes. Les architectes Mc Donough, Paolo Soleri qui est le chantre du low tech, Shigeru Ban avec ses structures en carton ou encore Mies Van Der Rohe cherchent une meilleure gestion des matières, utilisant le juste nécessaire.
Les grands groupes industriels recherchent aussi la légèreté et la réduction de l’impact sur l’environnement : par exemple, les canapés gonflables soft air d’Ikéa dépensent 80 % d’énergie en moins.
Nous avons fait le tour du design commercial pour finalement ramener du sens dans les objets par l’intégration des aspects environnementaux. Les écoproduits réconcilient l’esthétique et l’éthique environnementale. La formule « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» de Lavoisier est dans l’air du temps. L’environnemental est devenu créatif et séduisant. Le système industriel est rendu compatible avec le fonctionnement des écosystèmes biologiques.
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