Au cœur d’une usine de traitement des déchets où rien ne se perd, tout se transforme. Un détour pour mieux comprendre la valorisation des déchets par le tri et l’incinération. Mais pour que cela marche… tout commence à la maison.
« Et mon pot de yaourt, je le metsoù ? ». Voilà le grand dilemme où l’on a tous été confronté unjour devant nos poubelles de tri ! Après quelques secondes d’hésitation,on fait l’équation rapide « qu’après tout, c’est du plastique »et, on le jette avec la culpabilité du doute dans la poubelle destiné aurecyclage. Bien essayé mais, mauvaise pioche !
Certes votre pot de yaourt est en plastique mais, il a été souillé. Il n’est donc pas recyclable, puisque pour cela les déchets doivent être secs et propres. Les petits malins pourront donc toujours s’amuser à nettoyer leur pot de yaourt afin de pouvoir les mettre dans la poubelle à couvercle jaune. Mais vu la quantité d’eau gaspillée pour cela, pas sûr que cet excès de zèle soit vraiment écolo…
Ne paniquez pas en vous remémorant le nombre de fois où votre yaourt a finit dans la poubelle des plastiques, les centres de traitement des déchets sont habitués aux mauvais élèves. 30 % des détritus qui arrivent au tri sélectif, qui est ensuite destiné au recyclage, sont des erreurs.
Pour que ces gestes quotidiens deviennent des réflexes (voir presque une obsession !), un tour par la case "visite d’une usine de traitement et d’incinération" est indispensable.
Le Syndicat Intercommunal de traitement des ordures ménagères de la région parisienne, le Syctom, l’a bien compris, et c’est pourquoi, il ouvre régulièrement les portes de ses usines au public. Scolaires et résidents viennent donc souvent en visite dans un des centres de cette entreprise publique qui gère dans ses quatre usines les 760 000 tonnes de déchet par an de 85 communes de la Région Parisienne.Après une heure passée au cœur de ce monde où le déchet est roi, vous neregarderez plus jamais pareil une poubelle. Alors en route pour le multiplexd’Ivry-Paris XIII.
En prenant le périphérique vers la route de Bercy, vous n’avez surement pas manqué les grosses cheminées qui s’éloignent vers la banlieue sud. Si vous habitez le sud-ouest de Paris ou le Val de Marne, c’est ici que vos bouteilles de lait, vos cartons à pizza et vos pelures de banane viennent être triés avant d’être recyclés ou incinérés.
En premier : direction le tri !Suivez le guide !
Recycler permet donc de fabriquer de nouveau produit. On l’a bien compris. Les détritus recyclables sont donc valorisés à 100 %. Mais qu’en est-il des autres déchets, ceux souillés, qui représentent la très grande majorité des détritus de nos poubelles ? Et bien, ils sont incinérés, mais ils peuvent se vanter eux aussi d’être utile.
Il existait déjà des usines d’incinération au XIXe siècle, mais ce n’est que depuis peu qu’on valorise ce système de deux manières. Par la production d’énergie qui est ensuite utilisée pour faire de l’électricité et de la vapeur grâce à la chaleur dégagée par la combustion des déchets ménagés. Au centre Ivry-Paris XIII, ce mécanisme permet le fonctionnement du centre, le chauffage de 100 000 logements de la région parisienne, et la vente d’électricité à EDF.
Mais aussi par la création de nouveau matériaux, que sont la ferrailles et les mâchefers, issus de la combustion et qui sont utilisés ensuite dans les travaux publics.
Certes, le système n’est pas parfait, il est vrai que la combustion est polluante. Heureusement, les incinérateurs disposent de système de filtre très sophistiqués qui permettent de nettoyer un maximum les fumées. A Ivry-Paris XIII, la pollution émise reste très en dessous des seuils polluant réglementaire. Explication en image.
Pour aller vers toujours plus devalorisation, il existe plusieurs astuces, comme implanter les usines de tri etd'incinéraion au plus près de leur lieu de production pur éviter le gaspillageintempestif de carburant. Mais aussi l'utilisation maximal du transport fluvialnettement plus écolo. Une péniche remplace 11 camions ! Autre projet en vue pour le Syctom : deux usines de méthanisation qui seront mis en place pour la première fois en Région Parisienne d’ici 2012, à Romainville et auBlanc-Mesnil, avec pour objectif d’accueillir tout les putricides qui peuventfermenter : pelures de fruits ou de légumes, herbe tondu ou branchesd’arbre de votre jardin. Avec pour objectif de produire du compost pour uneutilisation agronomique, ainsi que du carburant, de la chaleur ou del’électricité avec la formation de biogaz.
Il y a un peine un siècle, les hommes vivaient encore avec leurs déchets. Aujourd'hui, la déchetterie reste donc qu’un ultime recours. Cela dit, ce n’est pas parce que la valorisation du traitement des déchets a fait de tels progrès qu’il faut remplir sans culpabilité nos poubelles. La meilleure des solutions écologiques reste bien évidement la réduction de nos déchets, qui ont augmentés de 20 % en 10 ans!
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