Sauver les rescapés du Gondwana

Dans le monde animal malgache, sont endémiques: 98% des 128 espèces d'amphibiens,
95% des 260 espèces de reptiles (233 espèces sur 245)

Caméléon
Christian Vaisse
LA GRANDE ILE ABRITE LES DEUX TIERS DES ESPECES CONNUES DANS LE MONDE

 

55% des oiseaux

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Christian Vaisse
L'avifaune Malgache abrite des espèces uniques au Monde

 

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Christian Vaisse
L'insularité a protégé un particularisme des espèces

 

 

Plus de 93% des primates mammifères, dont les fameux lémuriens sont propres à Madagascar.

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Christian Vaisse
Madagascar est le pays des lémuriens, vestiges d'un monde disparu.

 

Dans le règne végétal :

45% des fougères, 98% des espèces de palmiers (110 sur les 112 espèces), Près de 85% des 12 000 espèces des plantes à fleurs sont des espèces uniques.

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Christian Vaisse
98% des espèces de palmiers sont des espèces uniques.


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Jacques Hannebicque
Orchidée comète: 647 des 738 espèces de la zone du sud ouest de l'océan Indien sont endémiques de Madagascar(4)

 

 

 

80% de la faune et 90% de la flore de Madagascar sont endémiques(3), mais cette immense biodiversité est menacée par l'espèce humaine, et la déforestation.

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Christian Vaisse
Nephentès plante carnivore.

 

Plus de 1,2 millions d’hectares de forêt et de broussepartent en fumée, par an, et 47ha/an, en culture sur brûlis.Cela a comme conséquences de supprimer l'habitat de toute une faune et de désertifier le sol.(3)

 

UNE FRAGILITE PARTICULIERE

"La destruction de la forêt revêt un caractère de gravité beaucoup plus accusée que dans la plupart des régions du globe, à Madagascar.
Un facteur d'une grande importance y rend, en effet, pratiquement définitive et totale la disparition de la forêt détruite. Ce facteur, c'est la présence du manteau d'argiles latéritiques (terres rouges) provenant de la décomposition superficielle des roches silicatées alumineuses sous-jacentes (granites, gneiss, basalte, etc...), qui, sur la plus grande partie de la surface de l'Ile, forment le sous-sol..."

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Christian Vaisse
La latérite, ce manteau d'argile qui forme la plus grande partie du sous sol Malgache, est une croûte stérile qui tient plus de la brique que de la terre végétale.

 

 

Dans les conditions naturelles, la forêt lentement édifiée au cours de longues périodes géologiques, a contribué elle-même, pour la plus
grande part, à la constitution du sol qui la porte.

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Christian Chadefaux
La forêt a contribué elle-même à la constitution du sol qui la porte.

 

 

 

« Mais quand, par suite de l'ablation brutale de cette couverture forestière, le sol est découvert, les grandes pluies de la saison chaude ont tôt fait d'enlever l'humus et la terre meuble superficiels, d'autant plus que le sol est le plus souvent accidenté ; les argiles latéritiques sont mises à nu , et, dès lors, sous l'influence alternante des pluies qui les lavent et du soleil qui les durcit, elles se transforment peu à peu en une croûte stérile qui tient plus de la brique que de la terre végétale ».

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Philippe Oberlé
Un lavaka tout ce qui reste après la disparition des arbres. Le début de la désertification...

 

 

 

« Feux de brousse périodiques, tavy, (culture sur brûlis) exploitations abusives, telles sont les trois grandes causes de destruction de l'antique végétation malgache, remplacée par la prairie ou la savane, ou encore, temporairement, par les savoka (forêt secondaire). »

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Solofo Rakotoson
Feux de brousse.

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Christian Vaisse
Culture sur brûlis, appelée Tavy.

 

"Nous ne saurions trop insister sur l'importance d'une telle transformation. Au point de vue scientifique, elle signifie la disparition, dès maintenant en grande partie consommée, de plusieurs milliers d'espèces, n'existant nulle part ailleurs à la surface du globe. Ce n'est rien moins que l'extinction d'un monde végétal, et d'un monde animal étroitement lié au premier puisque la flore et la faune autochtones malgaches sont presque entièrement composées de végétaux et d'animaux descendant directement de la flore et de la faune qui peuplaient cette terre dans la première moitié de l'ère tertiaire. Au point de vue économique, elle signifie la disparition d'une richesse naturelle, la forêt, précieuse non seulement en soi par les matériaux et les produits qu'une exploitation rationnelle peut en tirer sans dommage, à la condition d'être conduite très prudemment, mais encore par le rôle de condensateur puissant, de régulateur des précipitations atmosphériques et de la circulation de l'eau, ainsi que par celui de protecteur des pentes contre l'érosion trop brutale, et des vallées contre l'alluvionnement trop rapide ". Henri HUMBERT. Mémoires de l'Académie Malgache 1927.
(« tavy » : culture sur brûlis)

ETAT DES LIEUX DEPUIS MA NAISSANCE

Quand je suis née, l'expression « quand la poule aura des dents » se disait « quand la forêt de l'Est sera épuisée ». C'est dire à quel point on la pensait inépuisable, éternelle.

50 ans après, Madagascar est passée de 12 millions à 9 millions d'hectares de sa couverture forestière (2), menaçant de priver le patrimoine naturel mondial, d'une flore et d'une faune uniques au monde, sans parler des conséquences dramatiques pour l'avenir de sa population.

MON PROJET : ME POSITIONNER EN TANT QUE MAILLONDE LA CHAINE. SENSIBILISERET INFORMER

50 ans ! Et l'envie de re-transmettre, plus que ce que j'ai reçu. Que laisser à notre descendance ?
Quel hommage à cette terre bénie des dieux qui nous a nourris ?

C'est l'homme qui a détruit, c'est l'homme qui a des besoins, et c'est lui qui doit réparer les dégâts et préserver ce qui reste.

 

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Christian Vaisse
l'homme, acteur principal


C'est pour cette raison que ma démarche passe par le contact humain.
Nous rappeler que, « pour commander à la Nature, il faut obéir à ses lois » (Bacon).
Pour mes 50 ans, j'ai décidé de traverser mon pays à pied, du Nord au Sud et d'Ouest en Est : environ 2500 km en partant de Antsiranana (Diego Suarez) pour arriver à Taolagnaro (Fort Dauphin) sur environ 7 mois.
La protection de l'environnement fait partie de mes priorités.

Je serai accompagnée de trois amis et deux ânes. Un voyage un peu particulier, qui va marquer les esprits, j'espère, et que je mettrai à profit pour faire passer mes messages sur la protection de l'environnement.

 

 

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Extrait du Journal - Le Quotidien - Ile de la Réunion
Itinéraire de Dia 50 - Article du 12/02/2008

 

En ce début du deuxième millénaire le bois fournit encore 71% de la consommation énergétique des ménages (3), la culture sur brûlis se fait encore en certains endroits, et les incendies de Forêts sont encore largement répandus.
C'est sur ces points que j'ai envie d'axer mes efforts, car je ne pourrai qu'effleurer les grandes exploitations forestières, et minières dont les décisions échappent souvent aux communautés villageoises. Or, elles sont les premières concernées.

 

Le projet :

 

Avant tout, s'enquérir de leurs réalités pour pouvoir appréhender leur vécu de leur environnement et repérer les éventuels freins à sa protection, pour éviter de discuter dans le vide. Chercher avec eux les solutions qu'ils proposeraient et qui s'adapteraient à leurs besoins.


Pour la consommation énergétique des ménages :
Proposer le concept de four solaire pour la cuisson et encourager le reboisement.

Introduire un concept, essayer de construire un prototype avec les villageois et non amener un four tout prêt. Les laisser s'en emparer, l'adapter à leur manière et à leur philosophie.

Pour valoriser le Malgache et éviter de court-circuiter les étapes : que le matériel soit investi et non subi, et que l'utilisateur en maîtrise le principe. Le Malgache est très ingénieux et habile de ses mains. Il faut qu'il l'adapte à sa manière avec les moyens dont il dispose pour ne pas attendre « la pièce » qui vient d'ailleurs, en cas de panne.


De manière symbolique, instaurer un lien entre les villages que nous allons traverser en créant le relais de l'Angovo 2008 (Energie 2008) où nous proposerons à quelques personnes du village précédent
de nous accompagner, pour offrir au moins un arbre au village suivant, en souvenir de notre passage.
Au cours de cette marche, nous prévoyons 144 étapes distantes d'une vingtaine de kilomètres en moyenne.

Le public cible sera la communauté villageoise, et principalement les enfants dans les écoles, car l'avenir leur appartient aux enfants.

 

 

S’APPUYER SUR LA TRADITION ORALEQUI PREVAUT ENCORE CHEZ NOUS POUR FAIRE PASSER LE MESSAGE.

Lors de rencontres ludiques, échanger chants, histoires, contes, poésie, devinettes, joutes oratoires, aussi bien sur les places des villages que dans les écoles.
Dans les écoles, raconter le Gondwana, la dérive des Continents qui a donné naissance à Madagascar et qui lui a fait cadeau de son insularité, lui permettant de développer une biosphère unique au monde. Expliquer sa fragilité par sa formation géologique, la formation de la latérite, un sol aride et inculte qui mène vers la désertification.
Dire ce qui se passe ailleurs dans le monde sur le plan écologique, les menaces qui pèsent sur la planète et les mesures qui sont prises pour y faire face, y compris les nombreuses initiatives déjà prises, aussi bien publiques que privées, nationales ou internationales, à ce sujet.

Enigme :
« J'ai les dents du lapin, les oreilles de la chauve souris, les soies du sanglier, les mains du singe, la queue du renard. Qui suis-je ? »

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Jacques Hannebicque
L'Aye aye, le lémurien le plus rare du monde.

 

Réponse : « Je suis l'Aye-Aye, le plus rare et le plus fabuleux Lémurien Malgache, unique représentant de la famille archaïque des Daubentoniiadae. Je ne dois ma survie qu'à la création d'une réserve spéciale créée pour moi sur l'île de Nosy Mangabe.
J'ai traversé les âges
pour te dire une histoire.
Si tu ne voies en moi
Que la différence, la peur,
Un être inférieur,
Une proie,
Tes enfants ne pourront plus boire
A la même source que moi,
Ne pourront plus s'abriter,
A l'ombre de ma forêt.
Si je disparais,
J'emporterai avec moi,
les secrets d'un passé,
des solutions d'avenir,
une partie de l'Eden
que vous avez eu
mais n'aurez pas su
préserver.
Dans le silence de ma mort,
Vous entendrez sonner le glas
De votre pauvre sort.... »
Alice RANOROJAONA-PELERIN

« PUISSE LA SAGESSE DES HOMMES PERMETTRE LA SURVIE DE CES ESPECES VENUES DU FOND DES AGES ». (1)

 

 

 

 

REPORTAGE EN HOMMAGE APHILIPPE OBERLE.
MES VIFS REMERCIEMENTS A Philippe OBERLE, et ChristianVAISSE qui m’ont autorisée à me servirde leurs ouvrages, ainsi qu’à Guy Suzon RAMANGASON Directeur de L’ANGAP, pourses informations et ses conseils éclairés, à Solofo RAKOTOSON pour son article,à Joël PELERIN, Thierry PELERIN, et Eric PELERIN pour leur soutien et leurencouragement. Ce reportage est en grande partie due à Thierry PELERIN.

Site internet en voie de réalisation : http://homepage.mac.com/ignacedewitte/dia50/index.html

Bibliographie

(1)Madagascar un sanctuaire de la Nature. Philippe OBERLE

(2)ANGAP : Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées, en la personne de sonDirecteur, M. Guy Suzon RAMANGASON.

(3)Madagascarles défis d’un développement durable. Solofo RAKOTOSON

(4) Beautiful Orchids Alain et Michèle PETITJEAN

Photos

004-005-007-008-012-013 Philippe OBERLE « MADAGASCARSANCTUAIRE DE LA NATURE »

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Christian VAISSE « MADAGASCAR »

Avec l’aimableautorisation de Philippe OBERLE et Christian VAISSE

Film Thierry PELERIN

Textes Alice RANOROJAONA-PELERIN Musique AliceRANOROJAONA-PELERIN

A laValiha, ANDRIANARIMANANA Jean Baptiste dit ZAMBA

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