Le débat sur l'environnement pointe facilement du doigt les usines qui polluent l'atmosphère, gaspillent des matières premières, voire rejettent leurs déchets sans scrupule dans le lac ou la rivière du coin. Mais il salue peu les efforts mis en place par certaines entreprises pour protéger la nature et économiser l'énergie.
A cet égard, la société Triumph International d'Obernai, spécialisée dans la lingerie et comptant environ 520 employés, ne lésine pas sur les moyens afin de respecter au mieux les normes en place, et même à mettre en place des règles plus exigeantes encore. Bien qu'elle ne soit pas au maximum de ses efforts en la matière, elle développe actuellement des projets pour économiser toujours plus d'énergie, dont la réalisation devrait s'achever d'ici trois ans. L'entreprise compte ainsi démontrer, par l'intermédiaire de bonnes pratiques mises en place volontairement, que l'énergie ne doit pas être gaspillée inutilement.
Michael Krsovsky
Entrée de Triumph International Obernai
Les mesures déjà en place pour préserver l'environnement
Economiser l'énergie et protéger la nature s'avère très coûteux, dans une usine, qu'il s'agisse de ne pas gaspiller l'eau, de trier les déchets ou d'éteindre les lumières dans les ateliers à la fin de la journée. Voici une série d'interview, réalisée par nos soins, de divers agents d'entretien et de maintenance, expliquant les mesures déjà en place à Triumph Obernai et les efforts quotidiens :
Par ailleurs, outre le zonage électrique, l'usine est équipée des néons nouvelle génération qui, s'ils coûtent plus cher à l'origine, consomment moins d'électricité, ce qui permet non seulement de limiter les dépenses mais aussi d'économiser l'énergie. Notons, également, l'utilisation de produits d'entretien non dangereux pour l'environnement, comme en témoigne la photo ci-dessous. Le solvant favorable à l'environnement est fabriqué à base de terpène d'orange, un hydrocarbure produit de façon 100% naturelle.
Michael Krsovsky
Nouveaux/anciens produits
Les changements en cours
Toutes les mesures ne sont pas encore en place, certaines mettent du temps à s'établir, en particulier lorsqu'elles concernent les gestes au quotidien des employés. Il s'agit, en effet, de les ancrer dans leurs habitudes. Les agents d'entretien, par exemple, introduisent peu à peu le tri des déchets du personnel, comme les bouteilles plastiques, ce qui implique un engagement concret de chacun. De plus, des pictogrammes sont collés sur les machines, les portes, les interrupteurs... afin que les employés pensent à fermer les portes des hangars pour préserver la chaleur, n'oublient pas d'éteindre les lumières en sortant des salles, ou encore ne se servent pas des monte-charge comme ascenseur.
Michael Krsovsky
Pictogrammes
Des compteurs pour l'air comprimé sont également installés. Selon Christophe Simler, responsable de la maintenance,
"l'air comprimé est une énergie qui consomme énormément. Nous suivons les conseils du livre de l'ADEME (l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) pour vérifier que la consommation en air n'est pas supérieure à la normale, et nous vérifions qu'il n'y a pas de fuite."
Le convoyeur connaît également une conversion en système électrique sur les parties où le changement est possible :
"Sur les 6 kilomètres du convoyeur, il y a plusieurs technologies utilisées, différentes selon les années où elles ont été installées, et seules certaines versions peuvent être remplacées par un système "tout électrique"."
Bien entendu, ce changement prend du temps et coûte cher, d'où l'obligation de l'étaler sur plusieurs années.
Michael Krsovsky
Photo du convoyeur
Les projets pour continuer dans cette voie
Triumph Obernai tente, ainsi, de se présenter d'ores et déjà comme un modèle en matière d'environnement, mais elle ne compte pas relâcher ses efforts. Deux ingénieurs ont effectué un pré-diagnostique pour évaluer d'autres projets réalisables dans cette même optique, et quatre points forts se sont détachés, dont la réalisation prendra trois ans.
Au niveau de l'éclairage, plusieurs solutions sont envisageables : un système de lumière graduée peut être installé. Il éclairera en fonction de la lumière du soleil ou il sera équipé d'un détecteur de mouvement, afin de ne fonctionner que si quelqu'un se trouve dans la pièce. Quant à l'éclairage de sécurité en cas de coupure de courant, il va être remplacé par de nouveaux blocs d'éclairage à LEDs, passant ainsi de 65kw/an à 6kw/an.
Par ailleurs, l'isolation actuellement trop faible des bâtiments engendre une perte considérable de chaleur, d'où la nécessité de changer les fenêtres et de refaire l'isolation des murs. L'eau chaude aussi gaspille de l'énergie puisqu'elle est régulée par un gros circuit : des panneaux solaires vont être mis en place, ainsi que de petits chauffe-eau électriques qui ne seront activés que lorsque nécessaire.
L'entreprise compte également sensibiliser le personnel quant au gaspillage de l'énergie, et des réunions fréquentes sont organisées pour permettre à la direction et aux employés d'échanger sur le sujet, et d'expliquer les moyens mis régulièrement en place pour lutter contre cette perte énergétique. La communication reste un moyen nécessaire et efficace pour parvenir aux objectifs fixés, car comme on le dit souvent « si tout le monde y met un peu du sien, et que chacun apporte sa pierre à l'édifice, on peut construire quelque chose de grand ».
Tout ceci représente bien sûr un coût important, mais permettra à long terme de gagner 10 à 12% sur la facture énergétique de la société. Par exemple, la mise en place des panneaux solaires coûtera 48 000 €, l'installation de nouveaux éclairages reviendra à 12 000 € et une étude diagnostic sur le chauffage vaut 10 000 €. Cela représente environ 10% du budget 2008 de l'entreprise, soit une part plus qu'importante.
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très bonnes initiatives de
Bravo, qu'il continuent
Bravo pour l'article ! C'est